Ville de Pacé

vous recherchez

valider

Paysage de Pacé
Accueil > Vie municipale > Portrait

Portrait

Flux RSSImprimer la pageEnvoyer à un amiAugmenter la taille du texteRéduire la taille du texte

Jean-Paul Lefeuvre, ancien agriculteur

« Le Pont de Pacé était détaché de la commune avant la construction des premiers lotissements »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 1944, Jean-Paul Lefeuvre a toujours vécu à Pacé dans la ferme familiale au Haut-Breil. S’il connaît bien la commune pour être élu depuis 22 ans, dont 19 ans comme adjoint au maire, c’est le village de son enfance qu’il raconte dans cet entretien. Le Pont de Pacé, les anciens moulins de la Flume ou encore les commerces disparus ressurgissent ainsi en anecdotes épiques…

 

Vous avez vu la commune évoluer au fil du temps. Quels changements notables avez-vous remarqués ?

J’ai vécu une évolution incroyable. Durant ma jeunesse, Pacé n’était encore qu’un petit bourg.
Je me souviens en particulier que le Pont de Pacé était détaché de la commune avant la construction des premiers lotissements. C’était alors un petit hameau qui comprenait une ferme mais aussi des restaurants, une épicerie, une boulangerie, une boucherie, etc.
Je me rendais dans un des cafés qui s’appelait Chez Fourché / Moreau dont le gérant était à la fois cafetier, cordonnier et barbier. Quand un client arrivait, il lui servait à boire puis il allait remettre des mailles* sous les chaussures d’un autre client qui attendait, avant de commencer à raser un nouvel arrivant. Ensuite, il partait en hâte chercher les enfants qui étaient montés sur le parapet du pont de peur qu’ils tombent dans l’eau. Il faisait 36 choses à la fois. On ferait un film avec ça aujourd’hui!

Et dans le centre-bourg, avez-vous quelques anecdotes ?

Je traversais le bourg pour aller à l’école. Sur le chemin je passais devant une boucherie près de l’église, où se situe aujourd’hui le laboratoire d’analyses.
A l’arrière, ils abattaient les animaux. Plus loin, l’épicerie-mercerie Mainguy dessalait du hareng dehors. On ne pourrait plus faire ça aujourd’hui.
Et près de l’ancien mur de l’église (le parking n’existait pas encore), je voyais souvent un tas de bois de chauffage acheté par les habitants pour l’hiver que le livreur déposait là. Il restait à cet endroit jusqu’à ce que les familles aient tout ramassé dans leurs caves. En attendant, personne ne venait le voler…

Quel lieu a marqué votre enfance ?

J’aimais bien me retrouver le long de La Flume et auprès des moulins : le moulin de la Lande, le moulin de la Motte de Beaucé, le moulin de Champagne, le moulin du Guéneau etc.
La Flume a une très faible pente, un pour mille, et c’est pour cette raison que chaque moulin avait ses systèmes d’arrêt d’eau, de vanne, et qu’on trouvait des retenues d’eau tout le long de la rivière.

Les temps ont changé car maintenant tous ces ouvrages sont enlevés pour favoriser la libre circulation des poissons et des sédiments. Quoi qu’il en soit, à l’époque mon père emmenait du blé au moulin du Pont de Pacé, à la minoterie Peltier qui produisait de la farine pour tous les boulangers.

Tout se faisait encore en circuit court: l’agriculteur apportait son blé au moulin, puis il ramenait la farine au fournil. Je me rappelle aussi d’un bouilleur de cru près de la Flume qui transformait le cidre en eau-de-vie. L’eaude-vie avait goût de jus de fruit quand elle ressortait à l’arrière de l’alambic en cuivre. Un midi mes demi-frères en ont bu. De retour à l’école l’après-midi, ils s’étaient endormis sur leurs tables !

* pointes à têtes larges qui étaient enfoncées sous les sabots et les chaussures.

à votre servicelettre d'information 

pour vous inscrire à la lettre d'information, saisissez votre adresse courriel dans le champ ci-dessous

 
accès direct