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L'édito du maire

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Commémoration de l’Armistice
Une cérémonie à haute valeur symbolique

Notre traditionnelle cérémonie du souvenir du 11 novembre a revêtu cette année un caractère exceptionnel, d’abord parce que c’était le centenaire de l’Armistice de 1918 mais aussi parce que nous avons reçu à cette occasion une importante délégation de notre ville jumelée en Allemagne, Baiersdorf, conduite par son Maire, Andreas Galster. Il y a eu donc 100 ans, jour pour jour, le 11 novembre 1918, à 5 heures 15 du matin, la signature de l’Armistice, dans un wagon de chemin de fer à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, mettait fin à la Première Guerre mondiale, appelée la grande guerre.

Une guerre terrible qui, en un peu plus de quatre ans, a impliqué 72 nations belligérantes, avec un bilan effroyable: 9,4 millions de soldats morts, dont 2 millions d’Allemands, 1,1 million d’Austro-Hongrois et 1,4 million de Français. Sans compter les très nombreux blessés, y compris ceux qui ont été défigurés au cours de combats dantesques, «les gueules cassées»: 23 millions de blessés, dont 4,2 millions d’Allemands, 3,6 millions d’Austro-Hongrois, 4,3 millions de Français. Rien que dans la seule journée du 11 novembre 1918, jusqu’à la mise en œuvre de l’Armistice à 11 heures, 11 000 soldats sont morts. Ce 11 novembre 2018, à 11 heures, les cloches de notre église ont sonné comme dans toutes les communes de France, comme elles avaient déjà sonné le 11 novembre 1918 pour fêter la fin de la guerre.

Nos communes de Baiersdorf et de Pacé ont payé un lourd tribut à cette grande guerre. A Pacé, qui comptait à l’époque un peu plus de 2 000 habitants, 400 hommes ont été mobilisés en août 1914: d’abord les hommes âgés de 21 à 38 ans, puis les hommes plus âgés dès septembre, puis les jeunes hommes de 19 et 20 ans à la fin de l’année 1914. Tous ces hommes, dans la force de l’âge, un Pacéen sur cinq habitants, sont partis à la guerre. En France, ce sont 4 millions d’hommes, dont 600 000 Bretons, qui ont été mobilisés. Ce conflit, que tout le monde espérait de courte durée, s’est installé dans une guerre de tranchées interminable.
Au pays, ce sont les hommes les plus âgés et les plus jeunes, mais aussi les femmes qui ont suppléé à l’absence des soldats, en particulier pour les travaux des champs. La population de Pacé était composée en majorité d’agriculteurs, et l’agriculture est le secteur économique qui a le plus souffert de la guerre.
Le bilan est lourd: 113 Pacéens, morts au combat, ne sont pas revenus au pays. Leurs noms sont inscrits sur le monument aux morts, qui a été réalisé en 1920 et où une statue de soldat gisant symbolise tous ces morts tombés au champ d’honneur. Tout le monde pensait qu’il n’y aurait jamais plus de guerre aussi meurtrière. On l’appelait la «der des der».
Hélas, seulement 21 ans après, éclatait la Seconde Guerre mondiale, tout aussi longue et horrible que la première, du fait de la folie de certains hommes, en particulier du régime nazi. Sans chercher en aucune manière à dédouaner les responsables de cette folie, il faut dire aussi, comme l’a déclaré le Président de la République française, que si la France et ses alliés ont gagné la guerre 14-18, ils ont perdu la paix, en voulant mettre à genoux ceux qui avait perdu. Heureusement, c’est une attitude complètement inverse, impulsée par l’intelligence de certains dirigeants de haute valeur, qui a permis de lancer, après la Seconde Guerre mondiale, la construction de l’Europe, en mettant en commun ce avec quoi on faisait la guerre, c’est-à-dire le charbon et l’acier, préfigurant la création de l’Union Européenne.
Nous sommes aujourd’hui les heureux héritiers de cette Europe pacifiée. N’oublions jamais d’où nous venons. N’oublions jamais que l’entente entre la France et l’Allemagne est le socle de cette Union européenne qui nous a permis de connaitre la paix depuis 73 ans. Ne cédons pas à la tentation du repli sur soi. Souvenons-nous en dans quelques mois, quand nous aurons à voter pour les élections européennes.
Cette cérémonie du 11 novembre, empreinte de solennité, de dignité et d’émotion, a été un formidable symbole de la réconciliation, de la paix et de l’amitié que nous avons construite entre Pacéens et Baïersdorfer depuis plus de 20 ans! Cultivons sans relâche ces échanges et ces relations qui nous grandissent et nous enrichissent les uns les autres.

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